Un jour d’Octobre 2011, j'ai été amené à réaliser un reportage pour la Fondation ONET qui organisait une journée Solidarité et Logement.
Une « bande de fous », tous salariés de la société du même nom, s'était portée volontaire et bénévole pour aller filer un coup de pinceau, un coup de balai ou tout simplement un coup de pouce, dans deux centres d'accueil de nuit, St Jean de Dieu et le Hameau, et un entrepôt des Restos du Cœur. Je n'avais jamais vu ça!
Ce fut un électrochoc. Un grand tremblement de tête, 10 sur une échelle de 7. De quoi filer la chair de poule de haut en bas, et chez moi, ça fait haut...

Ça aurait pu s'arrêter là.

Ça aurait dû, si seulement ma tête, ébranlée et pleine d'images qui me semblaient jusque là n'appartenir qu'aux contes de fée, ne continuait son éruption d'idées et d'envies d'aller plus loin, envie d'en parler, d'aider, avec mes moyens, mon regard, mes photos.
Rencontrer les «Invisibles », discuter avec eux, pire, les prendre en photo comme je fais des Tsonga ou Peyron, des Kravitz ou Bertignac. Et pourquoi pas?
Avec l'aide de la fondation, j'ai pris contact avec les centres, j'ai expliqué mon souhait. Je veux faire les portraits des SDF qu'ils croisent et voient tous les jours. Tous ont accepté.

Restait à rencontrer les sans abris eux-mêmes, leur dire jusqu'où je voulais les emmener.

Pas facile de demander à quelqu'un d'être exposé avec cette étiquette « SDF » si lourde à porter alors qu'on n’a rien, au maximum un sac avec toute sa vie dedans.
Encore moins de le faire et regarder droit au fond de l'objectif, avec un courage insoupçonnable!!!

Tout est dit.

La suite, mes rencontres, ces moments de partage, nos discussions, mes émotions, je les garde pour moi. C'est trop précieux !

Je vous laisse les photos, les regarder, les écouter, elles parlent mieux que moi, plus que moi aussi...

yohan brandt